La Belgian Alliance for Climate Action aide les organisations à réduire leur empreinte écologique

La Belgian Alliance for Climate Action aide les organisations à réduire leur empreinte écologique

Avec la hausse du niveau de la mer et le réchauffement de la surface terrestre, il ne nous reste aucune excuse pour ne pas agir pour le climat. Les entreprises et organisations peuvent faire la différence. Grâce au réseau de The Belgian Alliance for Climate Action, The Shift et WWF espèrent pouvoir formuler et implémenter des objectifs concrets et ambitieux pour le climat. « Ensemble, donnons le bon exemple ».

Il ne nous reste qu’une décennie, pas plus, pour réduire nos émissions de manière draconienne et freiner le changement climatique. En 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous a imposé une date limite urgente. D’après leur rapport, il ne nous reste que dix ans pour réaliser nos ambitions climatiques, afin de pouvoir transmettre à nos (petits)-enfants un monde vivable. Les experts ont calculé que le réchauffement dépassera les 1,5 degré de réchauffement souhaité par l’Accord de Paris sur le Climat et se rapprochera de 3,2 degrés. Un autre rapport a démontré que tous les SDG liés au climat se portent mal : de la consommation et de la production durable à la biodiversité. À cet égard, notre pays ne fait pas bonne figure : cinq ans après l’introduction des SDG, la situation s’est même fortement dégradée. À l’heure actuelle, la température dans notre pays a augmenté de 2,3 degrés Celsius par rapport au début de l’ère industrielle.

Voilà pour les mauvaises nouvelles, une triste réalité qui s’ajoute à l'échéance du GIEC qui se rapproche de plus en plus. La bonne nouvelle est qu’une volte-face climatique ne dépend pas que des gouvernements, mais que les organisations et entreprises aussi peuvent avoir un impact (positif) majeur. C’est ce que révèlent les chiffres du New Climate Institute, cités par Julie Vandenberghe. Vandenberghe est chargée des politiques climat au sein de WWF Belgique. The Shift et WWF unissent leurs forces pour motiver encore plus d’organisations à apporter leur pierre à l’édifice. De l’étude réalisée en 2019, Vandenberghe conclut : « Si les organisations et les entreprises deviennent plus durables, par exemple dans leur fonctionnement quotidien, et diminuent leurs émissions graduellement pour atteindre la neutralité carbone, les ambitions de l'accord de Paris sont à portée de main ». « J’espère qu’un jour, en revenant sur cette période, nous pourrons constater que les organisations ont bel et bien fait pencher la balance ».

Cette semaine, The Shift et WWF lancent une alliance, The Belgian Alliance for Climate Action (BACA), totalement adaptée aux entreprises et organisations. « L’objectif est de former une communauté », explique Bart Corijn de The Shift, « une plateforme d'acteurs qui ont des objectifs climatiques ambitieux ou qui ont besoin d’aide pour les formuler. » Il s'agit de réseauter, de partager ses connaissances pour ainsi réduire les émissions. « Dans beaucoup de secteurs, les entreprises et organisations rencontrent les mêmes problèmes au niveau climatique ; En les réunissant, nous les aidons à résoudre ces problèmes. »

Science Based Targets pour des ambitions climatiques concrètes

Même si l’objectif principal de The Belgian Alliance for Climate Action est le partage de connaissances, il est important de mettre à contribution ces connaissances. Pour adhérer à BACA il s'agit de formuler des objectifs ambitieux. Ces objectifs ne peuvent être choisis au hasard par les entreprises, mais ils doivent être fondés et adaptés à chaque secteur. Les objectifs sont connus sous le nom de Science Based Targets (SBT).

« L’initiative Science Based Targets (SBTi) offre un standard pour concrétiser les ambitions climatiques », explique Corijn. « Cette initiative sert à valider si vos ambitions, vos objectifs de réduction s'alignent sur l'accord de Paris et elle vous donne des conseils adaptés à votre secteur. » Ce mois-ci par exemple, un manuel destiné au monde financier a paru. Corijn et Vandenberghe trouvent que c’est logique. « Les défis d‘une banque sont d’un tout autre ordre que ceux d’un distributeur. Les choix d'investissements d’une banque ont un impact énorme. »

Les Science Based Targets fonctionnent sur base de « scopes » ou champs d'application. Scope 1 concerne votre bâtiment et vos véhicules (de société). Scope 2 porte sur l’énergie et l’électricité. Scope 3 finalement, concerne l’impact de la chaîne d’approvisionnement. « Pour un supermarché, par exemple, ce dernier scope est très vaste », explique Corijn. « Scope 3 représente donc une charge énorme pour les distributeurs, tandis que leurs fournisseurs doivent se concentrer très sérieusement sur scope 1 et 2. En les réunissant afin de tabler ensemble sur les solutions, les choses se concrétisent. »

Schéma expliquant les émissions de scope 1, 2 et 3. Crédit: Plan A basé sur le protocole GES

Un an pour acquérir des connaissances

En plus des nouveaux membres, qui viennent tout juste de formuler leurs ambitions climatiques, The Shift et WWF ciblent les parties qui ont déjà accompli le parcours. « Réunir uniquement des acteurs sans expérience au niveau des SBT n’est pas une solution idéale », explique Corijn. « Ce transfert de connaissances ne peut avoir lieu que si nous réunissons des nouveaux venus et des entreprises avec plus d’expérience. »

Le transfert dont parle Corijn se fera principalement lors d’événements organisés par The Belgian Alliance for Climate Action. « D’une part, nous prévoyons des événements qui sont accessibles pour tout le monde. D'autre part, nous organisons des ateliers spécifiques, soit par secteur, soit par solution, qui sont uniquement destinés aux membres de BACA. Ensemble, nous examinerons ce qui est le plus utile pour chacun, en tenant compte des besoins des organisations qui souscrivent à notre appel. »

Les organisations et les entreprises peuvent souscrire à tout moment. Dès leur inscription, ils ont un an pour évaluer ce que les Science Based Targets peuvent leur apporter. Durant cette année, le but est de clarifier les ambitions climatiques, d’étudier ce que ces objectifs peuvent signifier pour l’entreprise. Ensuite, l’on attend des entreprises qu’elles souscrivent formellement à l’initiative Science Based Targets. Après quoi, les entreprises disposent de deux ans pour déterminer quels sont les objectifs réalisables et ambitieux afin de les faire vérifier par l’équipe technique de l’initiative Science Based Target, qui procède de manière progressive. « De cette façon, nous espérons être plus accessibles et atteindre un maximum d’organisations », explique Corijn.

Vandenberghe ajoute : « Pour moi les organisations ne doivent pas attendre un an, s’ils veulent souscrire plus rapidement, c’est également possible. » Mais il me semble essentiel pour leur motivation que les entreprises aient le temps d’avoir une idée précise des SBT et de l’impact sur leurs activités. Il est primordial qu'aussi bien le management que le personnel y adhèrent. En leur demandant de souscrire de suite, les entreprises auraient peut-être tendance à freiner leur engagement. C’est ce que nous évitons maintenant. »

Bon pour l’environnement, bon pour l’économie

Une chose est certaine : l’engagement pour le climat est non seulement positif pour notre environnement, mais aussi pour les organisations et les entreprises elles-mêmes. À ce propos, Vandenberghe explique : « L’ère dans laquelle nous vivons demande une prise de conscience de l’impact du climat sur la gestion d’entreprise » « Prenons par exemple les banques. Elles devront évaluer leur portefeuille. Si elles investissent dans du charbon et d’autres sources d’énergie non renouvelables, sources qui à l’avenir ne rapporteront plus, elles risquent de ne jamais revoir ces investissements. Si, en tant qu'organisation ou entreprise, vous tenez déjà compte de l'impact du climat, vous serez mieux à même de résister aux chocs causés par le changement climatique. It makes business sense. »

C’est ce que confirme Corijn. « Dans de nombreux endroits au monde, il existe déjà une taxe carbone. Si elle devait être introduite chez nous, cette taxe s’appliquerait à toutes les entreprises. Un nombre croissant d’organisations et entreprises attachent de plus en plus d’importance à la durabilité, tant suite à la demande d’investisseurs que pour des raisons commerciales. Nous voulons aider les organisations à entreprendre de façon crédible et sensée. »Vandenberghe et Corijn espèrent que les entreprises et organisations « souscriront massivement » à l’Alliance belge pour l’Action climatique. « Ensemble, donnons le bon exemple ».

Rédaction : Sarah Vandoorne