La Belgique prend les devants avec le label pour les investissements durables

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Priorities for change: Transversal
La Belgique prend les devants avec le label pour les investissements durables

Le 23 septembre dernier, l’ONU a lancé les Principles for Responsible Banking. Les banques qui souscrivent à ces principes s'engagent à contribuer davantage à une société durable. La Belgique n’a pas attendu ces principes pour agir : notre pays travaille depuis un certain temps à la création d’un label indépendant en matière de produits financiers durables. « Les premiers labels seront attribués en novembre », indique Tom Van den Berghe de la fédération sectorielle Febelfin.

Dix ans après la première crise financière, une note de suspicion entoure toujours le secteur bancaire. Afin de renforcer leur rôle et leur responsabilité en tant que catalyseur de la transition, les banques peuvent souscrire aux Principles for Responsible Banking des Nations Unies. Elles s'engagent ainsi à analyser leur impact positif et négatif sur la société, à se fixer des objectifs pour augmenter leur impact positif et réduire leur impact négatif, ainsi qu’à communiquer dessus en toute transparence au cours des quatre prochaines années.

Leader

L’UE s’est aussi déjà penché sur la question, ce qui s’est entre autres traduit par un plan d'action de financement durable. « Ça fait longtemps que la Belgique est pionnière en matière d’investissements durables », déclare Tom Van den Berghe. « Dès 2001, nous avons élaboré des normes en matière d'investissements durables. A l'époque, il s'agissait de simples recommandations, avec une portée limitée. Début 2019, ces normes ont été soumises à une mise à jour complète. Elles ont désormais une portée beaucoup plus large et nous y lions également une reconnaissance. Alors que les initiatives de l'UE et de l'ONU demeurent théoriques, nous comblons déjà, avec notre label, le fossé entre la théorie et la pratique. »

 

Les premiers labels, étant fort demandés, seront décernés en novembre. Van den Berghe: « En ce qui concerne les investissements durables, tant les consommateurs ordinaires que les grands investisseurs institutionnels sont de plus en plus à la recherche de solutions. Tous ceux qui investissent dans le long terme, tels que les investisseurs institutionnels, accordent une grande importance au développement durable et à l’évolution de notre monde dans les deux à trois prochaines décennies. »

C'est pourquoi de nombreuses banques promeuvent les investissements ‘verts’, ‘durables’, ‘éthiques’ ou ‘responsables’. « L'absence d'un cadre général a entraîné une multiplication des dénominations, ce qui n'est pas propice à la transparence. Le risque de greenwashing, qui réduit le développement durable à rien de plus qu'une couche de vernis sans contenu, se profile également à l'horizon. Avec le nouveau label, nous voulons ramener de l’ordre dans une situation chaotique. Le caractère durable du produit est également garanti : il est vérifié par un auditeur indépendant, en partenariat avec le Forum Ethibel, l’ICHEC Brussels Management School et l'Université d'Anvers. De plus, la demande d'attribution du label doit également être renouvelée chaque année. L'approbation finale est donnée par un comité dans lequel est entre autres représenté The Shift (voir encadré, éd.). Les banques ne paient qu'une commission pour couvrir les coûts. »

Investissements climatiquement neutres

Seuls les produits de placement qui répondent aux nouvelles normes minimales en matière d’investissements durables sont admis. « Ces normes tiennent compte, entre autres, de la bonne gouvernance des entreprises dans lesquelles elles investissent, de la manière dont elles traitent leurs employés, de leur impact sur les communautés locales et de leur impact sur l'environnement dans lequel elles opèrent.

 

Le changement climatique est un facteur important. « Les entreprises du secteur de l'énergie qui font la transition vers les énergies renouvelables peuvent se voir accorder une place. Tandis que les entreprises dépendantes du charbon sont exclues. Cela est conforme à l'Accord de Paris sur le climat : nous n'attendons pas des entreprises qu’elles soient neutres en CO2 dès aujourd’hui, mais elles doivent mettre tout en œuvre pour atteindre cet objectif d'ici 2050. Nous espérons qu’un maximum d'institutions financières se rallieront derrière ces normes, afin que l'investissement durable devienne enfin la norme. »

The Shift: “Le secteur financier est un levier important pour la transition durable”

Chez The Shift, nous sommes tous convaincus de l'énorme importance du secteur financier dans la transition vers une société durable. Le secteur est un levier qui, par ses décisions d'investissement et de crédit, peut orienter et co-créer des initiatives durables. Nous n'avons pas hésité un seul instant lorsque Febelfin nous a demandé de collaborer à l'élaboration des normes durables. Non seulement notre expertise en matière de développement durable s'est avérée être un apport précieux, mais nous comptons aussi parmi nos membres un grand nombre d'investisseurs institutionnels engagés dans des investissements respectueux du climat. Ceux-ci permettent de jeter un œil neuf sur le sujet.

À l’avenir, The Shift continuera à être impliqué. Ainsi, notre directrice, Marie Delvaulx, siège au conseil d'administration qui décide de l'attribution du label aux produits d'investissement. Ce conseil d'administration effectuera une veille de l’évolution des normes durables. Celles-ci seront réexaminées et adaptées tous les deux ans en fonction des nouveaux développements technologiques et sociaux.