Origuinée : un précieux partenariat pour l'homme et la planète

Sustainable Development Goal(s): 17. Partnerships for the goals

Priorities for change: Transversal
Origuinée : un précieux partenariat pour l'homme et la planète

Nous avons posé trois questions à Marie d'Huart sur le partenariat que CAP Source a conclu avec l'Antwerp World Diamond Centre (AWDC) et qui est subventionné par le Business Partnership Facility de la Fondation Roi Baudouin.

En quoi consiste le partenariat entre CAP SOURCE et AWDC ?

Le partenariat entre nos deux organisations vise à mettre sur pied une nouvelle chaine d’approvisionnement en diamants artisanaux, extraits et transformés de façon responsable et transparente depuis la Guinée jusqu’à leur commercialisation en Belgique. Nous ambitionnons une activité économique à impact sociétal positif, en visant spécifiquement les maillons les plus vulnérables de la chaine conventionnelle, à savoir les mineurs artisanaux africains. En allant plus loin que garantir les droits fondamentaux au travail et des pratiques responsables, nous contribuons à l’émergence d’une joaillerie éthique et à un développement plus durable. Nous créons une place de choix pour les diamants artisanaux sur la scène internationale en les adjoignant des garanties attendues par le consommateur d’aujourd’hui. Nous touchons donc à plusieurs cibles des SDGs 1, 4, 8, 9 et 16.

Pourquoi et comment avez-vous décidé de travailler ensemble ? Où se trouve la valeur ajoutée d’un partenariat plutôt que d’œuvrer chacun de votre côté ?

CAP conseil et AWDC travaillent ensemble depuis plus de 8 ans sur divers projets de RSE dans le secteur du diamant: reporting GRI, consultation de parties prenantes, … Nous avons développé une confiance mutuelle, qui a vu un premier grand succès avec la création de la société CAP Source et sa marque My Fair Diamond en 2016. Cette collaboration atypique entre une micro-PME et une fédération sectorielle a créé l’espace pour passer du projet pilote à l’élargissement du concept : un commerce de diamants à objectif 100% éthique. Un partenaire pourrait difficilement se passer de l’autre. CAP apporte la créativité, l’expérience terrain et le volet entrepreneuriat responsable depuis 17 ans, et AWDC son know-how, son réseau et son engagement actif dans toutes les sphères diamantaires mondiales. Dans le projet BPF, nous agissons comme co-gestionnaires, même si concrètement, CAP pilote le projet et organise le volet production avec d’autres partenaires, et AWDC assure le volet du financement privé et l’organisation de la commercialisation.

Que conseillez-vous à d’autres organisations qui envisagent de développer des partenariats pour favoriser les SDGs ?

Notre premier conseil serait de s’aligner dès le début avec des standards et outils reconnus à échelle internationale. La supply chain du diamant est liée à divers outils et référentiels comme le devoir de Due Diligence, les droits fondamentaux au travail, le processus de Kimberley contre les « diamants du sang ». Se conformer aux meilleures pratiques en la matière est une réponse professionnelle aux enjeux qui se cachent derrière les SDGs. Nous avons donc opté pour une double conformité : celle au devoir de Due Diligence de l’OCDE pour les chaines de minerais à haut risque, et la certification selon les standards Maendeleo pour les diamants du développement (MDS) développés par l’ONG DDI - Diamond Development Initiative.

Autre facteur de succès, trouver les bons partenaires de terrain. Nous misons beaucoup sur une collaboration avec les acteurs de terrain existants et les communautés locales : bureaux d’achat, groupement d’exploitants, chefferies …  ils sont parties prenantes dans ce business qui a pour vocation d’être auto-géré dès la troisième année. Nous entrons aussi en partenariat avec l’ONG DDI, qui a créé les MDS et démarré la certification de ses premières mines de diamant en Sierra Leone, à 500km environ de notre site de Banankoro en Guinée. Elle va coacher notre équipe responsable sur place.

Cela étant dit, il va falloir beaucoup de créativité pour appliquer de tels standards dans une région si éloignée et démunie de tout : outils, électricité, informatique, infrastructures. Par exemple, la mise en conformité requiert un haut degré de formalisation et de documentation qui se heurte à la réalité locale, sans PC ni électricité. Nous sommes en pourparlers avec plusieurs développeurs de technologies pour inventer le « BOP Blockchain», qui assurerait confiance et transparence au marché autant que l’applicabilité en brousse par des personnes peu éduquées et équipées !  Le focus « Bottom of The Pyramid » est une contrainte de terrain qui forcera la créativité au bénéfice de tous les SDGs.

Finalement, nous croyons beaucoup à l’expérimentation pragmatique. Nous sommes heureux, de contribuer à la réflexion du réseau the Shift sur la Due Diligence appliquée aux SDGs le 25 juin prochain. Nous tenterons de démontrer que des PME confrontées à des réalités économiques limitées et des chaines d’approvisionnement à risque peuvent tenter à leur échelle d’être conformes, par une collecte d’information et une organisation rigoureuses et systématiques.

Contact :
AWDC : Karla Basselier - karlabasselier@awdc.eu
CAP source : Marie d’Huart – marie.dhuart@capsource.b

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