Retour sur notre réception de Nouvel An

Sustainable Development Goal(s): 6. Clean water and sanitation7. Affordable and clean energy8. Decent work and economic growth9. Innovation and infrastructure10. Reduced inequalities11. Sustainable cities and communities12. Responsible consumption and production13. Climate action14. Life below water15. Life on land17. Partnerships for the goals

Priorities for change: Transversal
Retour sur notre réception de Nouvel An

Voilà 2021 réellement entamée pour notre réseau : ce lundi 25 janvier a eu lieu notre réception de Nouvel An où vous furent nombreux à nous rejoindre sous un format digital innovant ! Un programme qui se voulait inspirant en présence de 5 orateurs de qualité qui nous ont guidés à travers les thèmes phares de l’année à venir. Voici pour ceux qui auraient manqué cet événement, un petit résumé des messages principaux.  

Après un court échange entre notre directrice Marie Delvaulx et notre Président Jacques Vandermeiren sur les priorités 2021 ainsi que les moments et apprentissages clés de l’année écoulée, c’est au tour d’Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme, d’ouvrir la séance.   

Justice sociale et écologique, même combat

« Je crois profondément qu’on ne parviendra pas à opérer la transformation écologique sans prendre en compte l’attente de justice sociale. Et je ne crois pas non plus que la justice sociale puisse se passer d’une réflexion sur la justice écologique et sur la nécessité de travailler d’urgence à réduire les dérèglements climatiques et la pollution, qui, et je termine par-là, touchent en premier lieu les personnes en pauvreté ».  

Dans son rapport aux Nation Unies sur le thème de la lutte contre l’extrême pauvreté, Olivier De Schutter nous fait la démonstration que la lutte contre la pauvreté et la lutte contre le changement climatique ont tout à gagner à être réconciliées. Souvent opposés pour de nombreuses raisons (horizons temporels différents, opposition de certaines mesures,…), ces deux combats sont en fait liés et se renforcent mutuellement.  

En effet, les conséquences du changement climatique touchent d’abord les personnes en situation précaire, mais également tous ceux qui dépendent fortement de leur environnement naturel pour répondre à leurs besoins de base. Répondre à ce besoin de justice sociale passe donc directement par une réponse aux changements climatiques.  

Deuxièmement, Olivier démontre qu’une société inégalitaire ne permet pas une répartition efficace des points de croissance économique gagnés : si les écarts de revenus sont grands, ce sont les plus riches qui captent la majeure partie des richesses engendrées par la croissance économique. Il faut donc une forte croissance pour assurer une amélioration de la situation des plus pauvres. Au contraire, si on diminue les écarts de revenus, les points de croissance gagnés ruisselleront plus équitablement auprès de tous. Si l’on part du postulat que la croissance économique actuelle contribue négativement au changement climatique, on peut conclure qu’une société plus égalitaire bénéficie à la stabilisation de notre climat. 

Voici déjà deux bonnes raisons d’envisager une réconciliation de ces deux agendas ainsi que le rassemblement autour de la table des acteurs qui se battent pour ces deux causes, afin d’atteindre l’objectif commun d’une justice sociale et climatique pour tous.   

 

On a besoin de tout le monde

Vient ensuite le tour de Sihame El Kaouakibi, Députée flamande, Global Diversity Award 2018 et auteur de "coming in", qui nous rappelle avec un enthousiasme poignant le besoin de travailler tous ensemble pour atteindre l’objectif annoncé par Olivier. Travailler maintenant, plutôt que d’attendre d’avoir discuté de tous les aspects de la marche à suivre. Tous ensemble, en profitant des richesses infinies de la diversité présente dans notre société ainsi que les multiples approches qui visent à solutionner ce défi commun. Quelques outils innovants permettent d’avancer dans ce sens, comme les social impact bonds, ou encore l’idée d’une allocation universelle.  

Sihame rappelle que la crise actuelle, tout comme les précédentes, est venu faire reculer certaines avancées que nous avions réalisées, en termes d’inclusion notamment. « Mais une crise n’est pas seulement un temps d’arrêt », dit-elle, « une crise amène également le mouvement, une perspective. Elle amène la possibilité de faire autrement, et mieux ».  Et c’est cela qu’il faut mettre au cœur de la relance. Cette idée que nous avons besoin de chacun d’entre nous pour solutionner les défis auxquels nous faisons face, et que nous devons rendre notre société et notre marché du travail le plus inclusif possible, car nous ne « pouvons pas nous permettre d’exclure quelqu’un ».  

D’un sujet annexe à la stratégie

Et pour cause, nous allons en avoir besoin. Comme souligné par Marie dans l’introduction, c’est au tour de Serge De Gheldere, CEO de Futureproofed de rappeler qu’un changement de niveau s’opère pour la durabilité, allant d’une activité annexe à l’entreprise, jusqu’à devenir un réel renforcement de la stratégie même de l’entreprise. Mais il rappelle également deux autres points clés. Tout d’abord, l’effet retard du changement climatique, expliquant que le réchauffement que nous constatons actuellement est le résultat des émissions d’il y a 30-40 ans, et que nous ne pouvons pas perdre de vue que des effet plus graves sont à venir avec retardement. Deuxièmement, que la perte de certains écosystèmes n’entraine pas seulement la perte pure et simple de ceux-ci, mais également tous les services écosystémiques qui étaient générés gratuitement par ces écosystèmes.  

C’est donc de mentalité et d’horizon temporel qu’il nous faut changer afin d’éviter de trop grandes catastrophes dans le futur. « Les jeunes qui sont descendus dans la rue ont tout compris », dit-il, car ils savent cela. Il nous faut dès lors les écouter et aborder la durabilité comme stratégie principale. Cette approche permet d’ailleurs aux entreprises une réduction de coûts, une anticipation des risques ou un accès à de nouveaux marchés, mais surtout, la possibilité de participer à la réalisation d’une histoire inspirante.  

Nous avons 10 ans

Et cette histoire inspirante, selon Olivier Legrain, CEO et Managing Director chez IBA, elle n’est pas seulement jolie, elle est notre responsabilité : « on dit souvent que l’écologie est un problème de riche, je dirais plutôt qu’elle est une obligation de riche. En tant qu’entrepreneurs, nous avons le choix. Nous avons les outils, nous avons les technologies, nous avons un plan stratégique pour l’humanité avec les SDGs. Nous avons cette fenêtre de responsabilité. Et nous avons 10 ans ».   

Olivier explique que nous nous trouvons à la croisée des chemins entre une économie du low-cost, destructrice, où les prix nous mentent, et une économie de la transition, régénératrice. L’histoire d’IBA nous montre qu’une entreprise, bien que côtée en bourse, peut transformer son business model afin de placer la durabilité au cœur de sa stratégie. Au-delà de plusieurs initiatives concrètes mises en place chez IBA (institutionnalisation de l’approche parties prenantes, droit de vote double accordé aux actionnaires long terme, certification BCorp), Olivier nous invite, avec un optimisme réaliste, à voir l’élévation des consciences individuelles et collectives comme une piste majeure pour atteindre nos objectifs.

S’y mettre ensemble, maintenant

C’est enfin au tour d’Eva Smets, Directeur général de Oxfam Belgique, de clôturer cette session de discours inspirants. Restant optimiste elle aussi, elle rappelle cependant que la situation ne manque pas d’être alarmante. Elle souligne que, paradoxalement, la pandémie a fait augmenter les inégalités partout dans le monde au même moment, tandis que la richesse des quelques plus riches de notre société a continué d’augmenter. La crise actuelle a en effet souligné la vulnérabilité de nos chaines d’approvisionnement, de certains secteurs ou de certains groupes de personnes, mais surtout, la vulnérabilité générale de notre société dans son ensemble, face aux défis qui nous attendent. Elle conclut en appelant à une législation juridiquement contraignante pour la durabilité et le devoir de diligence raisonnée afin que tous nous puissions œuvrer tous ensemble à la réalisation de ces objectifs communs.  

Programme 2021

Voici toute une série de pistes inspirantes qui nous ont permis d’introduire notre programme pour cette année 2021 :  

  • Des programmes approfondis sur 4 axes principaux : Climate, Ressources, Work&Inclusion et Redefining Value. 

  • Des activités axées sur les Sustainable Development Goals 

  • Une nouvelle série de webinars sur la résilience personnelle pour renforcer les équipes qui œuvrent à plus de durabilité 

  • Nos activités de networking et d’inspiration pour tisser du lien entre tous les acteurs engagés de notre réseau.  

  • Des activités pour renforcer les partenariats internationaux via la Belgian SDG Charter 

  • Un réseau de jeunes Change Makers pour renforcer les liens intergénérationnels 

  • Des partenariats locaux, européens et internationaux pour faciliter l’échange d’information et d’actions inspirantes entre acteurs pionniers 

 

Pour une vue complète de notre programme, veuillez consulter notre site internet.  

Conclusion

Après cette année particulière que nous garderons tous en mémoire, nous entamons donc 2021 avec un réseau renforcé, de beaux accomplissements comme le lancement de la Belgian Alliance for Climate Action ou notre partenariat avec BCorp, mais aussi et surtout avec des membres plus motivés que jamais à se redéployer pour accélérer la transition.  

Chez The Shift, nous restons également conscients des défis qui nous attendent, comme la concrétisation de nos objectifs pour nos thèmes principaux, le renouvellement des mandats de notre Conseil d’Administration ou la recherche d’un bon équilibre entre digitalisation du programme et contacts humains dans le respect des règles sanitaires. Cet événement fut une façon de tester un networking en ligne, mais nous sommes tous en manque de contact humain. Attendez-vous à de nouvelles propositions de la part de notre équipe dans les semaines qui viennent, et préparez vos bottines !  

 

Encore merci à nos 5 orateurs et à tous ceux qui ont œuvré à cet événement, ainsi qu’à vous tous pour votre engagement. Une très belle année 2021 à tous. 

 

Pour revoir les interventions de nos orateurs lors de cet événement, veuillez consulter notre chaine Youtube