Retour sur le European Business & Nature Summit

Sustainable Development Goal(s): 3. Good health6. Clean water and sanitation7. Affordable and clean energy8. Decent work and economic growth11. Sustainable cities and communities12. Responsible consumption and production13. Climate action14. Life below water15. Life on land17. Partnerships for the goals

Priorities for change: Biodiversity
Retour sur le European Business & Nature Summit

Les 8 et 9 décembre dernier a eu lieu le European Business & Nature Summit. Deux jours de discussions en ligne pour fédérer les entreprises pionnières en matière de biodiversité, mais aussi de nombreuses interventions d’acteurs publics ou de la société civile. Vous l'avez raté ? Ne vous inquiétez pas, vous pouvez consulter les temps forts de l'événement ici.

Qu’est-ce que le EBNS ?

Les 8 et 9 décembre dernier a eu lieu le European Business & Nature Summit, un événement annuel de grande ampleur qui vise à renforcer le mouvement des entreprises qui mettent la nature et l’humain au centre de leurs stratégies de relance, en Belgique, en Europe et dans le monde. Pour cette édition 2020, la plateforme EU B@B de la Commission européenne s'est associée au gouvernement fédéral belge et au gouvernement de la Région flamande, à l'Association des experts comptables agréés (Association of Chartered Certified Accountants - ACCA) et à The Shift, pour vous offrir deux jours de discussions stimulantes, d'échanges de connaissances et d'opportunités de réseautage, le tout, en ligne. Plus de 700 personnes ont rejoint les nombreuses sessions thématiques.

L'EBNS sert chaque année de tremplin pour renforcer le mouvement croissant des entreprises qui considèrent la nature comme un élément de solution au bien-être économique. Il souligne comment les entreprises peuvent soutenir la mise en œuvre de la Stratégie de l'UE en faveur de biodiversité à l'horizon 2030 et contribue à maintenir ce sujet en haut de l'agenda politique en perspective de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité prévue en 2021 dont on attend un cadre ambitieux pour la biodiversité mondiale après 2020.

Cette année, nombreux de nos membres étaient présents, autant en tant qu’orateurs que participants. Nous avons eu le plaisir d’accueillir Sue Garfitt, CEO Alpro, Thomas van Craen, Managing Director Triodos Bank Belgium, Thierry Noesen, CEO Belvas, Johan Lammerant, Lead Expert Natural Capital and Biodiversity Arcadis, Cristianne Close, Global leader Markets Practice WWF, Begijn Le Bleu, responsable communication chez Corridor mais également Sofie Defour, young Change Maker The Shift, aux côtés d’Emmanuel Faber, CEO Danone, pour la session d’ouverture. 

Que retient-on de cet évènement?

  • Biodiversité et climat sont indissociables

« Nous, les humains, pesons trop lourd. Je ne parle pas ici sous l'angle médical. Je parle de notre masse totale en tant qu'espèce ». Voilà comment Sofie Defour, young Change Maker The Shift, a entamé son discours d’ouverture, visant à challenger les entreprises présentes à l’événement. Se ralliant aux messages du commissaire Virginijus Sinkevičius, appelant les entreprises à intégrer la nature au cœur de leur stratégie et à l’utiliser comme boussole pour leur prise de décision. Sofie invite les entreprises à adopter une démarche plus holistique en ce qui concerne le climat et la biodiversité et à ne pas faire de cherry picking sur ces thèmes: « tout le monde sait que si vous installez une table avec seulement deux pieds, elle s'effondrera dès que vous vous y appuierez », message qui fit également écho aux propos d’Emmanuel Faber, rappelant que « la biodiversité et le climat sont un problème l’un pour l’autre, et sont une solution l’un pour l’autre ». Ils doivent donc être abordés ensemble.

 

  • Nous n’y sommes pas encore…

Dans la session suivante, plusieurs entreprises ayant décidé de placer la nature au centre de leur activité ont partagé leur expérience. Sue Garfitt, CEO d’Alpro, rappelle avec modestie que malgré tous leurs efforts, - dans la langue originale – : « I don’t think we’ll ever be quite done ». Une longue route donc, déjà empruntée par de nombreuses entreprises, à l’aide d’outils de plus en plus précis et performants, bien qu’encore relativement inadaptés aux entreprises de petits tailles. Reste encore et toujours le même obstacle : la mesure de l’impact. La nature n’a pas de prix, et pourtant, il va bien falloir pouvoir calculer sa valeur si on souhaite l’intégrer suffisamment au sein de notre système capitaliste. De nombreux experts planchent sur le développement d’outils de mesure depuis des années, et certains ont déjà bien fait leurs preuves.

C’est l’une des tâches que la plateforme européenne Business@Biodiversité souhaite également accomplir : mettre à disposition des entreprises les outils dont elles ont besoin pour intégrer la nature dans leur business model, peu importe leur taille ou leurs ressources disponibles. Et c’est entre autres une des raisons d’être de ce sommet.

 

  • Nous avons besoin du secteur financier

La deuxième journée s’est ouverte sur deux sessions consacrées à l’engagement du secteur financier. Tout d’abord, la plateforme européenne a célébré les 11 nouveaux signataires du Finance for Biodiversity pledge, engagement souscrit par 37 acteurs du secteur financier qui s’engagent à protéger et à restaurer la biodiversité par leurs activités de financement et leurs investissements.

Thomas van Craen, Managing Director Triodos Belgium, rappelle l’importance, en tant qu’institution financière, de se regarder dans le miroir et de mesurer ses impacts sur la biodiversité de par ses activités de financement. Il amène également une perspective intéressante : la perte de biodiversité est souvent mentionnée comme un risque pour une banque, mais on peut également voir la banque comme un risque pour la biodiversité. Chaque financement de telle ou telle activité est un levier pour augmenter les impacts positifs que nous avons, ou réduire les impacts négatifs.  

 

  • Les PME en ligne de mire

La troisième session du deuxième jour aborde le sujet des PME et comment les projets de partenariat permettent à celles-ci de rejoindre le mouvement des entreprises qui intègrent la nature au sein de leur stratégie. Cette session fut organisée par les acteurs belges du sommet, et modérée par The Shift, pour qui ce fut un plaisir de donner la parole à tant de ses membres. Après la présentation du cas de Belvas par Thierry Noesen, CEO de l’entreprise, et le cas de FollowFood sur ce qu’une PME peut faire au niveau de sa chaine de valeur, nous avons également découvert deux partenariats concrets qui fédèrent une communauté d’acteurs autour d’ambitions communes : le Green Deal Bedrijven en Biodiversiteit, et le programme Beyond Chocolate piloté par IDH.

La session s’est terminée par l’invitation de Majda Dabaghi, Directrice Inclusive & Green Growth, à la International Chamber of Commerce (ICC), interpellant les PME à rejoindre le SME Climate Hub récemment créé par l’ICC, en partenariat avec ses antennes locales dans le monde entier et d’autres organisations internationales.

Engager les PME dans la lutte contre la perte de biodiversité est également l’une des priorités de la plateforme européenne Business@Biodiversity, qui a récemment lancé une enquête afin de mieux cerner leurs besoins. Les résultats temporaires de l’enquête ont également été présentés lors de cette session, et seront publiés dans leur intégralité début 2021.

Envie d’aller plus loin ?

Ces deux journées furent remplies d’informations et d’échanges qui sont aujourd’hui accessibles à tous via cette chaîne Youtube. Vous pouvez donc réécouter chaque intervention et consulter les présentations qui ont été données. 

 

Si vous souhaitez aller plus loin, nous vous invitons à :